Dû à l'initiative d'un certain nombre de chrétiens, catholiques mais aussi protestants, et d'organisations représentant un large éventail de l'église, ce texte est l'aboutissement d'une démarche collective qui a mobilisé des centaines de personnes. A partir d'un « appel aux chrétiens », un millier de questionnaires ont été envoyés puis dépouillés et analysés par un collectif qui a soumis ses conclusions aux signataires.
Mouvements comme les Scouts, les Guides de France, services comme le Secours Catholique, communautés comme Fondations pour un monde nouveau, personnalités comme Mgr Pican, évêque de Lisieux, Jean Tartier, président de la fédération protestante de France, Henry Bussery, s.j., secrétaire de la Commission sociale des évêques de France.
L'Évêque de Poitiers, président de la Commission sociale de l'épiscopat, souligne que, si les fonctions du travail (assurer la survie de l'homme, achever la création confiée à l'ensemble de l'humanité) continuent, la situation présente oblige à donner au travail une finalité supplémentaire : celle de bâtir une société digne de l'homme. Il s'agit de réunir croissance économique et progrès social, en donnant priorité au progrès social, à l'inverse d'hier.
C'est un ébranlement, une mise en cause radicale. Le regard que porte sur eux la société est, à les entendre , exprimé par des qualificatifs négatifs ou comportant une attitude de ségrégation.
Ensuite, ce que pensent du travail ceux qui ont ou ont eu un emploi. Ils expriment une satisfaction bien tempérée et une aspiration au choix.
C'est pour eux un investissement important, une valeur à transmettre. Ils souhaitent sortir du « tout travail » et réduire leur temps de travail.
Le chômage est le révélateur d'une société malade : compétition acharnée, règne de l'individualisme, misère et endettement, dégradation des valeurs morales, découragement et sentiment d'inutilité, recherche des paradis artificiels.
Plus la machine soulage la peine des hommes, plus la consommation se développe, plus le système se détraque.
Une question demeure : la volonté de réaliser à tout prix des profits ne s'est-elle pas transformée en un mécanisme pervers échappant à toute véritable rationalité humaine ?
Pas de solution miracle. Il faut attaquer sur tous les fronts : favoriser la croissance, développer les emplois de proximité,
développer de nouveaux travaux d'utilité publique. L'unanimité sur l'efficacité de telles mesures est
loin d'être faite. Mais une large majorité considère que la réduction du temps de travail constitue sans doute
le moyen le plus efficace de lutter contre le chômage, même s'il ne s'agit nullement d'une panacée. Cette réduction
peut revêtir de multiples formes : réduction de la durée hebdomadaire, compte « épargne
temps », augmentation de la durée des congés payés, année sabbatique, annualisation, retraite
progressive
Deux mesures paraissent particulièrement opportunes :
Le travail rémunéré remplit de moins en moins le rôle d'intégration sociale qu'il a longtemps joué. Le travail bénévole se multiplie (retraités, personnes vivant sur le salaire de leur conjoint, communautés religieuses ). Le coût des dégâts provoqués par la dictature du marché n'est-il pas plus élevé que les sommes qui pourraient être affectées au financement de toutes les activités qui créent du « lien social » ?
Cette enquête fait suite au texte de la Commission sociale des évêques de France de 1993, « Au nom de la dignité humaine », à la « Lettre aux catholiques de France », et à la déclaration de cette même commission en 1996. Cependant ses auteurs estiment que les dégâts que le chômage provoque sont encore trop sous-estimés. Pour cela ils proposent la création, au sein des Églises, d'une instance consacrée aux questions de chômage et d'emploi, comme ce qui a été fait pour les questions de bioéthique.
*Bayard Éditions /Centurion - 3 rue Bayard 75008 Paris
Prix : 75 F.
|
URL : http://www.udapel06.org/fiches/fitravautrement.html conforme à HTML 3.2 Copyright : UDAPEL 06 pour le contenu Recréation : 1998/10/15 Dernière modification : 2003/10/23 Maintenance : webmaster@udapel06.org |
[Retour : Au sommaire des fiches] [Accueil] [Udapel-Infos] |