Paris, le 3 décembre 1999
Communiqué de l'Unapel
De nombreux médias se sont fait l'écho des déclarations de Madame Royal, ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire, relatives à la mise à disposition par les infirmiers scolaires, dans les collèges et lycées, de la " pilule du lendemain ".
L'UNAPEL rejoint Madame Royal sur certains aspects de son diagnostic et plus particulièrement dans son souci de prendre en compte, dans le cadre scolaire, la détresse de nombreuses adolescentes. Les difficultés qu'elles peuvent rencontrer sont dues à un climat de violence, de non-respect de l'autre et de la vie d'une manière générale et créent des souffrances chez les jeunes et leurs familles que personne ne peut ignorer, quel que soit l'établissement scolaire fréquenté.
L'UNAPEL demande depuis fort longtemps qu'une véritable éducation affective et sexuelle, inscrite dans une éducation globale de la personne et respectueuse des convictions des familles, soit mise en place dans les établissements scolaires. Cette demande n'a pas pour seul but de satisfaire un souci de prévention ou de répondre à un besoin de santé publique, mais aussi et surtout d'éduquer la personne de l'enfant dans ses dimensions à la fois intellectuelles, affectives, corporelles et spirituelles.
Cette éducation affective et sexuelle doit s'inscrire dans le projet éducatif de chaque établissement scolaire qui indique clairement la conception de l'Homme à laquelle elle se réfère.
L'UNAPEL considère que, sur un tel sujet, on ne peut se satisfaire d'une déclaration de hasard qui risque bien plus d'entraîner la confusion qu'éclairer un débat de société dont les enjeux sont décisifs. On ne peut en effet se contenter de traiter les conséquences d'une difficulté en en oubliant les causes. En croyant aider des adolescentes en détresse, on peut renforcer un déséquilibre psychologique et affectif déjà latent dans un environnement social en mal de repères.
Il serait de loin préférable de prolonger l'idée d'une éducation à la responsabilité et à l'autonomie qui semblait prédominer dans les derniers textes ministériels relatifs à l'école, au collège et au lycée. Cela suppose évidemment une connaissance de soi qui ne se limite pas au seul savoir sur la reproduction humaine.
L'UNAPEL dénonce toute mesure ayant une fois de plus pour effet de déresponsabiliser des parents qui pourraient avoir à supporter les effets d'une décision prise dans le cadre scolaire sans qu'ils en soient informés et par des personnes ne disposant pas de tous les éléments d'appréciation nécessaires. Le fait qu'une situation de détresse soit révélée dans le cadre scolaire n'autorise en aucun cas l'école à se substituer aux parents, premiers et ultimes éducateurs de leurs enfants.
A force de vouloir que l'école soit son propre recours, on risque de l'isoler et de créer ce que l'on veut éviter : faire de l'école le début et la fin de toute éducation et la désigner finalement comme seule responsable de l'état de notre société.
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