Éléments de lancement de la réflexion de l'UDAPEL 06
Une des grandes faiblesses du Christianisme historique, c'est d'avoir sacrifié l'esthétique à la morale et d'avoir mis presque exclusivement l'accent sur l'opposition entre le bien et le mal sans tenir suffisamment compte de l'opposition non moins essentielle entre le beau et le laid.
Et même en morale, le goût et le respect de la beauté jouent un rôle essentiel. Car les transcendantaux se rejoignent par en haut : une très haute vertu rayonne toujours de beauté, une parfaite œuvre d'art élève non seulement les esprits, mais les âmes. Les caractères nobles ont une conception esthétique de la morale : le bien pour eux est un objet de contemplation en même temps que d'action : c'est une action qu'on peut contempler. Quant au mal, ils s'en détournent, non point tant parce que c'est défendu ou nuisible, mais parce que c'est laid. La vraie beauté, c'est ce qui peut être à la fois regardé et vécu : par exemple un souvenir qui, ne tenant plus à nous par les fibres de l'intérêt, de l'orgueil ou du plaisir, verse encore en nous la même plénitude et qui, posé devant nos regards -fut-ce même à une distance infinie- reste présent et vivant au plus secret de nous-mêmes. Synthèse de la distance et de l'intimité, de l'objet et du sujet.
Le Beau peut-il être réduit à une simple valeur esthétique, comme le Bien à une simple valeur de vérité ?
Quelle est la valeur des sentiments dans cette analyse ?
Le Beau s'éprouve, il ne se prouve pas.
Le Beau, dans notre optique ne doit-il pas être associé à la morale des sentiments qui fait jaillir immédiatement l'éthique de nos sentiments spontanés source d'admiration ? Le pas est ainsi franchi en direction de l'émotion, peut-on parler d'émotion créatrice, créatrice de valeurs, de leur diffusion, de leur attrait ?
Une chose apparaît nécessaire pour avancer, sortir du cadre de la morale close qui se limite à maintenir l'équilibre de la société.
Beau, Bien, Morale, Sentiments, quatre mots-clé paraissent indissociables. On pourrait y ajouter Raison et Devoir.
Ce qu'on pas l'habitude d'exécuter de suite alors même qu'on en possède la science : théorique, on sait, habileté de l'homme, technique, on peut. Dès lors faut-il dissocier le Beau de l'Art, dans la mesure où l'Art serait technique et le Beau engendrerait une libération des habitudes source de créativité ?
Quels liens peut-on établir entre le Beau et la Violence, importance du sentiment immédiat et/ou réfléchi ?
Une école catholique est caractérisée par une référence à la Bonne Nouvelle de Jésus Christ qui inspire un projet destiné à des jeunes qui construisent librement leur vie.
Repères autour de l'esprit évangélique
- Ouverture à l'admiration et à l'émerveillement dans le vrai, le beau, le bien.
Formation d'un esprit critique et non désabusé.
- Comment le vivez-vous dans votre établissement, donnez des exemples, organisez la réflexion en Conseil d'établissement avec toute la Communauté Éducative.