UDAPEL - INFOS 06
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Adolescence...

Adolescence...
1. L’avis du psychanalyste
2. L’avis du sociologue
3. L'adolescence en échec, le constat de l'Éducation Nationale.
4. L’adolescence en échec vu sous l’angle de la psychiatrie.
5. Les statistiques de l’Éducation Nationale
6. L'avis d'un ancien ministre, Roger FAUROUX

 

 

 

 

Adolescence... !   Que devenir ? Quel devenir ?

 

La première question est davantage une question d’adulte. Elle s’apparente fortement au principe " réussir dans la vie ", souci premier des parents pour leurs enfants.

La deuxième interrogation est plus proche de la réalité des adolescents. Elle pose mieux le principe " réussir sa vie " qui les inquiète plus.

Essayons d’aborder le sujet sous différents angles pour mieux le cerner.

 

 

 

 

1. L’avis du psychanalyste

L’étude repose sur les modes relationnels privilégiés de l’adolescence. Les différents problèmes auxquels se trouvent confrontés les adolescents (parentaux, pubertaires) peuvent engendrer un mouvement régressif de type narcissique et un risque de permanence du conflit oedipien.

Il faut donc régler deux problèmes :

  • Celui de la dépendance ;
  • Celui de l’ouverture au monde extérieur.

 

 

 

 

2. L’avis du sociologue

Les goûts, les pratiques, les valeurs sont différents selon les tranches d’âge et leur traduction pratique suit ces aléas.

Gardons en mémoire la représentation ternaire, jeunesse – maturité – vieillesse.

Au début du XXe siècle, avec l’essor du lycée et la prolongation des études, la médecine découvre l’adolescence. Elle va recevoir l’aide d’une science nouvelle : la psychologie.

La première évolution constatée est d’abord physiologique et illustre la précocité de l'adolescense : les jeunes filles sont réglées vers 11 – 12 ans au lieu de 16 –17 ans au milieu du siècle. La deuxième évolution touche les phases d’entrée dans la vie adulte.

Deux axes peuvent être mis en évidence :
  • l’axe public, à travers l’école
  • l’axe privé, à travers la famille d’origine jusqu’à la famille créée par le jeune

Une nouvelle fois, les seuils sont déconnectés par rapport au passé :

  • Fin des études ;
  • Début de la vie professionnelle ;
  • Départ de chez les parents ;
  • Vie de couple – premier enfant.

Cet enchaînement est de plus en plus long : huit ans pour les garçons, six ans pour les filles.

La prolongation de la vie scolaire a modifié profondément le cycle d’évolution en rapprochant toutes les étapes. Le modèle féminin reste le plus précoce.

Exemples précis :

  • 1954 -- 80% des garçons sont actifs à 18 ans ;
  • Aujourd’hui -- 15% seulement

  • L’adolescence lycéenne connaît un emploi du temps chargé, avec une gestion des deux axes (famille, école).Les adolescents sont fatigués. Ils doivent dormir. Ils sont dans l’ensemble peu libres et sortent peu ;
  • Les étudiants disposent de plus de temps libre ;
  • L’étudiant d’aujourd’hui est celui des grandes villes (Paris a perdu sa primauté) où le nombre d’établissements est en constante augmentation ;
  • Il est logé indépendamment de sa famille qu’il retrouve le week-end ;
  • Il profite de l’offre culturelle de la ville hébergeante.

 

On peut, au bout du compte, dégager quatre modèles :

  1. Les jeunes qui ont terminé leurs études mais sont sans travail : ce sont surtout des garçons sans diplôme et sans formation ;
  2. Ce modèle obéit au même principe que le précédent mais concerne les filles. Dans ce cas, elles renoncent au statut professionnel actif des femmes pour revenir au statut classique avec une entrée précoce dans la vie familiale ;
  3. Nous abordons maintenant le cas des jeunes qui travaillent, d’un niveau supérieur, avec un emploi stable et consolidé. Ils vivent seuls et repoussent le moment des engagements familiaux. Ce modèle est le plus complexe ;
  4. Enfin, le dernier modèle correspond aux jeunes qui vivent en couples mais qui repoussent le moment de faire un enfant.

Quelles transformations ? Une traduction du modèle 3.

L'ancien modèle reposait sur une simple identification et sur une reproduction. Les deux aspects étaient essentiellement liés au statut social du père.

Aujourd'hui, les jeunes se livrent à des expérimentations. Cela leur demande beaucoup de temps et cela repousse le seuil de l'engagement familial. D'une norme de précocité, avec une entrée rapide dans la vie d'adulte, nous sommes passés à une norme de retardement liée à l'évolution du système éducatif qui d'autoritaire est devenu libéral, qui a contribué à l'augmentation de la durée du statut de " jeunesse ". Cette phase d'expérimentation est nouvelle, elle s'intercale entre l'adolescence et la vie d'adulte. Le temps repousse l'engagement familial. Elle n'est pas liée directement à la conjoncture économique.

Quelques chiffres, remarques annexes...

  • La tranche des 20 - 30 ans connaît un taux de suicides plus élevé que la tranche des 15 - 19 ans. Ce constat s'explique à travers une question, le problème du sens de la vie. Mais il faut noter que le taux de suicides des personnes âgées est bien plus important ;
  • Pourquoi a-t-on exclu les célibataires des modèles proposés ? Parce qu'ils sont en dehors de la norme à laquelle aspire la plupart des jeunes ;
  • Quel objectif concret face au chômage et au sous-emploi, en fonction des causes observées, sous-qualification, phases rapprochées de croissance-stagnation-récession, incidences de la mondialisation, déstabilisation du milieu familial, absence de valeurs ? ;
  • L'école reste un rempart contre le chômage. On l'intègre plus tôt, on la quitte plus tard, elle touche plus de jeunes. L'importance du diplôme n'a pas changé. Toutefois, la période d'indétermination s'est allongée ;
  • La famille a cru à un décalage de ses responsabilités, on peut même parler de transfert, pour faciliter d'autres secteurs (culture, loisirs...) mais interviennent aussi les problèmes liés à la mobilité professionnelle ;

 

 

 

 

3. L'adolescence en échec, le constat de l'Éducation Nationale.

Les causes : il manque une ou plusieurs pièces au puzzle personnel de l'enfant.

Plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • le déterminisme et la sélection de l'école ;
  • le lieu d'habitation, le quartier d'origine, le type d'établissement ;
  • des problèmes débutants ou non ;
  • les options proposées ;
  • l'anxiété, la démotivation ;
  • l'aptitude au regard des connaissances scolaires ;
  • la capacité d'investissement sur le long terme ;
  • l'angoisse des familles ;
  • pertes de points de repères et d'ancrages ;

Deux étapes sont identifiées :

  • La première est le fruit d'échecs aux différentes évaluations scolaires suivies de réorientations non - désirées ;
  • La deuxième relève de l'imaginaire du possible.
Un constat général se dégage : le monde est déshumanisé.

Les jeunes de troisième, seconde relèvent les points suivants :

  • Le futur est triste ;
  • L'homme violé ;
  • Le gigantisme règne ;
  • Les échanges sociaux sont mécanisés.
Les filles s'intéressent à une approche plus centrée sur la personne, la famille.
Les garçons ont une approche plus sociologique, plus technologique.

L'élève en échec ressent une triple peur :
  • Le redoublement ;
  • L'éviction ;
  • L'orientation.
Celle-ci peut être renforcée par l'importance de l'idéal - enfant idéalisé par les parents.

Deux attitudes en découlent :

1) L'acceptation,

  • avec une formation professionnelle en lycée technologique (CAP, BEP) ;
    • car 40% d'entre-eux ont connu le redoublement en sixième, cinquième, troisième ;
    • car 75% sont issus de familles d'ouvriers ou d'employés (comptant une minorité d'étrangers.
      Trois grands traits caractérisent cette population :
      • une motivation peu élevée ;
      • une estime de soi faible ;
      • une soumission à la norme.
  • La vision du futur repose sur un travail, une famille, le mariage, deux enfants. Le développement personnel tient une grande place, de même que la fidélité à des valeurs, comme le respect des personnes âgées par exemple.
2) L'adaptation
  • car les problèmes de redoublement sont identiques ;
  • car 25% sont issus de familles de commerçants et d'ouvriers ;
  • car une majorité a connu une longue période de scolarisation.
    • Trois caractéristiques se dégagent :

      • une motivation importante, mais pas par rapport à l'école ;
      • une estime de soi faible qui conduit à l'échec ;
      • une modification voulue de l'orientation première.
        Il faut souligner dans ce cas de figure la place importante de la maman qui s'implique activement dans les phases d'aide et de suivi scolaires.

Quelles sont les ambitions professionnelles des uns et des autres ?
Toutes relèvent du niveau supérieur, médecin, professeur, ingénieur arrivent en tête. Dans tous les cas, la condition ouvrière est à fuir.

La mentalité actuelle porte plusieurs témoignages :

  • espoir (d’échapper aux bouleversements, à la délocalisation) ;
  • doute (quel sera mon avenir ?) ;
  • craintes (chômage, bas salaires, désindustrialisation).
La remise en question est permanente : elle constitue un facteur d’instabilité psychologique, voire même psychique.

La priorité au développement personnel, les Jeunes En grande Difficulté...

Un échantillon d'étude :
Sur 1872 jeunes installés sur Paris depuis deux ans au moins :

  • 6% environ sont en grande difficulté. Ils sont exclus du système éducatif et en phase d'insertion.
    Pourtant, une immense majorité (94%) a une potentialité intellectuelle normale ;
  • La tranche d'âge varie de 16 à 24 ans, cette dernière étant légèrement majoritaire.
    Les garçons sont plus touchés que les filles (51%) mais l'écart n'est pas trop marqué ;
  • Les familles nombreuses, quatre enfants et plus, sont majoritaires. On compte beaucoup d'immigrés. Le niveau scolaire est faible, plus de 50% d'entre eux n'ont pas été au delà de la cinquième.

 

Les individus peuvent être classés dans les catégories suivantes :

  • Parents "rmistes" ;
  • Pour les filles d'origine immigrée, on relève un lieu de vie précaire, une maman célibataire ;
  • Un cursus éducatif limité au L.E.P. mais arrêté prématurément pour cause de découragement ;
  • Des enfants originaires de la DAS : la mère est absente ;
  • Des parents où la mère est cadre et le père d'un niveau moindre ;
  • Des enfants orphelins ou bien dont la mère est absente.
32% vivent dans un logement précaire. Le père est souvent absent ou bien les enfants ressentent une honte de leur père, il est définitivement parti, il a démissionné face à ses responsabilités, il est en prison.

Constat
Ces jeunes désirent

  • Une reconnaissance intellectuelle ;
  • Avoir un logement pour être autonomes ;
  • Ils parlent souvent au négatif ;
  • 75% bénéficient d'une rémunération versée par l'État ;
  • Ils connaissent ou ont connu la violence dans la famille ;
  • Ils connaissent la violence psychique, l'humiliation ;
La réponse scolaire repose sur un développement des points d'écoute à l'école.

Un exemple, le cas de l’Ouvrier Spécialisé (OS) chez Peugeot à Sochaux...

Les acquis familiaux, culturels et scolaires reposent sur un pivot caractérisé par un enseignement professionnel court suivi d’une mise au travail quasi-immédiate. Le père contrôle la formation et le placement du fils. Son autorité traditionnelle s’asseoit sur son expérience et son ancienneté. Cette norme est aujourd’hui révolue. Père et fils rejettent l’usine d’une façon aiguë. L’enfant est propulsé vers les longs cycles scolaires pour échapper à la condition ouvrière.

Les parents ont toutefois conscience de la baisse du niveau scolaire en collège et en lycée. De plus, ils ne peuvent plus aider leurs enfants. L’image du père se dévalue (rejet du métier, instabilité, perspectives d’avenir...). S’installe dès lors, une double méfiance touchant à la fois les parents, le père en particulier et les enfants.

 

 

 

 

4. L’adolescence en échec vu sous l’angle de la psychiatrie.

Préambule

L’avenir et la recherche d’identité sont mis en parallèle avec la scolarité, les difficultés d’insertion professionnelle et le diplôme. Sont exclus du domaine abordé, les jeunes en très grande difficulté qui relèvent d’un traitement spécifique et ceux intégrés dans les Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (C.P.E.G.).

L’adolescence représente le deuil de l’enfance, le seuil de désidéalisation, d’identification et de contre – identification particulièrement à l’école.
Le schéma classique n’est plus vrai. L’école n’est plus synonyme de diplôme avec à la clé un métier en rapport. L’intégration dans la vie active est remise en cause.

L’attitude des parents reflète plusieurs sentiments :

  • Culpabilité et agressivité liées à une impression de non – protection de l’enfant ;
  • Impuissance à aider l’adolescent ;
  • Tromperie et piège puisque travail et réussite scolaires n’impliquent plus un avenir assuré ;
  • Déception face à ce vécu.
Les mères apparaissent souvent comme étant sur-protectrices et tiennent parfois des discours passéistes faisant référence " aux grands-mères qui n’avaient pas de diplôme ".

Les enseignants se sentent coupables, ressentent une grande inutilité, une blessure liée à la matière enseignée et à son incidence sur une issue favorable ou non pour l’élève.

Les adolescents, comme les parents, se sentent piégés puisque travailler à l’école n’implique plus une situation professionnelle stable :

  • Ils ne supportent plus le faux semblant et le mensonge des adultes ;
  • L’image des parents est négative, liée à un sentiment d’abandon faute de pouvoir aider ;
  • La sexualité est rabaissée à un jeu infantile ;
  • Les prises de risques face aux maladies sexuellement transmissibles, les grossesses prématurées faute de protection ne sont que des moyens pour s’affirmer face à l’attitude des adultes.


Les réactions sont de type dépressif, caractériel, d’échec, de conduites déviantes, etc.
Cette impuissance est assimilée à une angoisse de castration. Pour prévenir le risque d’obtenir un diplôme sans emploi au bout, il faut développer l’orientation et la recherche de débouchés, ce qui exige beaucoup de réalisme. La faculté d’adaptation est très importante. Elle inclut les possibilités de frustration liées au renoncement.
La peur d’abandon des parents et ses incidences sur l’accomplissement de soi-même et la remise en cause de l’inhibition, la scolarité mécanisée sans véritable recherche, la dévalorisation instantanée de tout succès, " il ne sert à rien ", conduisent à des dépressions.
Il faut réapprendre à rêver et à jouer, développer les goûts et les qualités d’exploration.

Les cas extrêmes...

Le cas " des enfants trop sages " avec une carte d’identité type ancien élève de Polytechnique ne doit pas masquer les vraies fractures liées à l'abandon de soi-même.
Pour les adolescents de banlieue, la réussite scolaire signifie souvent une rupture puisqu’elle représente une trahison des siens voire même de la Communauté. Le rejet est préventif. L’adolescent concerné construit son avenir contre ou en dehors du cercle familial, des proches.

Quelques pistes...

Il faut réhabiliter le plaisir à travers trois grands axes, en parallèle avec les disciplines enseignées au lycée :

  • Culture ;
  • Pensée ;
  • Recherche.
Il faut développer les possibilités de rattrapage pour les enseignants qui ont un rôle majeur à jouer.

Quelle place est dévolue au jeu ?, l’apprentissage est là, notamment en maternelle.
Attention au rapport de jeunes à jeunes où l'Autre apparaît comme un double menaçant.

 

 

 

 

5. Les statistiques de l’Éducation Nationale

Avertissement : les repères sont généraux donc synthétiques et parfois réducteurs

L’analyse est conduite sur un espace temps réduit : 20 ans

  • Le fait majeur reste la prolongation de la scolarité ;
  • En 1975, dans la population des 16-25 ans, 60% avaient un emploi, moins de 25% étaient scolarisés
    En 1997, ils sont moins de 30% à avoir un emploi, 50% sont scolarisés avec un taux atteignant 80% pour les 16-20 ans.
    Le recul du modèle de statut social de la femme inactive est patent :
    • En 1975, dans la population des 21-25 ans, une femme sur quatre était en inactivité scolaire (femme au foyer) ;
    • En 1997, on passe à une sur dix. Globalement, l’espérance moyenne de scolarité s’élève à 19 ans.
  • En parallèle, le chômage a augmenté et a touché la catégorie des jeunes, passant de 4,5% à 11,5%. Un jeune sur neuf est au chômage dans la population des 15-20 ans, soit environ 200.000 personnes. Il est à peu près équivalent à celui d’il y a vingt ans. Le pic de 1985 a toutefois été gommé. Ce résultat est du notamment à l’accroissement du temps de scolarisation et aux emplois aidés. La tendance se stabilise très difficilement pour les 21-25 ans mais plus facilement qu’il y a vingt ans. Il faut noter l’extrême sensibilité à la conjoncture qui touche d’abord les moins diplômés, très vulnérables en terme de chômage ;
    • Pour les diplômés de l’enseignement supérieur, le phénomène est plus récent et date de 1993 ;
    • Par rapport à un non-diplômé, un jeune titulaire d’un CAP et d’un BEP multiplie par 2 ses chances de trouver un emploi, un diplômé de l’enseignement supérieur les multiplie par 4,2 ;
    • Après quatre à six ans d’activité, le ratio passe à 4 (bac inclus) pour la première hypothèse et à 8 pour la seconde.
  • Dans le cas des CAP / BEP, on notera l’importance du diplôme par rapport au niveau et ses conséquences pour l'insertion dans la vie active.

 

Bilan du système éducatif

  • L’adaptabilité traduite en chiffres
    L’évolution de la structure de l’emploi sur deux ans (1999 – 2000) se traduit par les constats suivants :
    • Les contrats à durée déterminée (CDD) ont connu une hausse de 60% ;
    • Les emplois dits " aidés " ont augmenté de 65% ;
    • Les missions d’intérim ont " explosé " à + 130% ;
    • Parallèlement, l’emploi consolidé (CDI), a connu une augmentation de 3,5 % (07/00-07/01)

L’évolution du système éducatif

  • le niveau de sortie augmente : en cinq ans, le niveau BAC a remplacé le niveau CAP – BEP ;
  • le nombre de " sans diplôme " a été divisé par quatre en vingt ans, 53.000 jeunes connaissent cependant une situation individuelle très grave ;
  • Les besoins de l’économie française à l’horizon 2005 : environ 600.000 postes/an
    • 70% sont liés à des départs à la retraite, le reste à la croissance, au mode de recrutement ou à la durée du travail.
    • 750.000 jeunes sortent annuellement du système éducatif.
  • L’Éducation Nationale conclue à un échec du système politico-économique plus que du système éducatif.
  • Ce constat doit être tempéré par des chiffres précis, ceux de la formation professionnelle par exemple, où l’on remarque, pour 1999, que les dépenses de formation, en augmentation de 3 %, ont concerné pour 59 % des actifs, 23 % des moins de 26 ans, 18 % des chômeurs.
  • L’affirmation de l’Éducation Nationale n’est plus aussi saine.

 

 

 

 

6. L'avis d'un ancien ministre, Roger FAUROUX

L'avis du rédacteur quant à la personnalité du ministre. Il n'est pas dans notre propos de classifier politiquement Monsieur FAUROUX. Notre seul commentaire servira à éclairer le lecteur quant à sa position hostile vis à vis de l'Enseignement Privé sous-contrat illustrée par ce propos, " ...chez les curés, cela ne va pas mieux, ils ne savent plus où ils en sont... "

L'interlocuteur se présente comme un " amateur ". La formation est une clé de l'avenir face à la compétitivité. L'instruction chasse les démons politiques. Chacun a sa place, exemples concrets, la réussite d'entreprises comme Arianespace ou Usinor. Nous touchons là au concept d'enseignement formation.

Il n'y a plus de place pour l'illetrisme. L'écart se creuse entre une société qui " galope " et un système éducatif qui " marche au pas ". Notre société est métissée ethniquement et culturellement. Notre système éducatif est-il adapté, face au " mammouth " de l'Éducation Nationale ?

Quelques pistes d'amélioration...

  • Desserrer les contraintes, donner aux acteurs, les enseignants surtout, plus de liberté et reconstituer les équipes éducatives dans le secondaire en fixant à chaque acteur des objectifs tout en lui laissant l'initiative des moyens pour y parvenir ;
  • Le rôle du chef d'établissement (public) devrait être la conduite d'une communauté enseignante et éducative ;
  • Dans les quartiers défavorisés, il faut soutenir les équipes en place, accorder une attention particulière à l'orientation, faire face à la démission des familles ;
  • Le système éducatif actuel est irrationnel. De deux ans à vingt-cinq ans, l'individu est scolarisé puis projeté dans le milieu professionnel. Il faut le réformer par la concertation avec tous les acteurs. L'étape du primaire est capitale. En cinq ans, soit on arrive à former des jeunes éduqués soit on fabrique de " parfaits voyous " ;
  • Question : l'Éducation Nationale doit-elle "livrer un produit fini ou laisser la finition aux professionnels " ;?
  • Tout repose sur un trytique, Connaître (croyance toujours remise en cause), Savoir (qui suppose curiosité et agressivité), Apprendre (qui relève de la technique) ;
  • L'incertitude n'est pas tolérable pour des adoslescents qui n'ont pas de base.

 

L'Éducation Nationale doit mettre en avant les valeurs communes. C'est un ascenseur social aujourd'hui arrêté entre deux étages.

 

Collectif Udapel06






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