Qu’est ce qu’une CL.I.S. ?
Selon la circulaire n° 91 304 du 18/11/1991, les CLasses d'Intégration Scolaire accueillent
" des élèves handicapés physiques, handicapés sensoriels ou handicapés mentaux qui peuvent tirer profit, en milieu scolaire ordinaire, d’une scolarité adaptée à leur âge et à leurs capacités, à la nature et à l’importance de leur handicap. "
Et encore : " l’objectif de ces CLIS est de permettre à ces élèves de suivre totalement ou partiellement un cursus scolaire ordinaire. " Le handicap des enfants accueillis dans la CLIS a été médicalement reconnu et jugé compatible avec la vie sociale et scolaire par une commission, la CCPE présidée par l’inspecteur de la circonscription.
Une CLIS peut accueillir maximum 12 élèves encadrés par un enseignant spécialisé titulaire d’un CAPSAIS. Les objectifs de travail définis après évaluation de l’enfant lors de son arrivée dans la CLIS font l’objet d’un contrat d’intégration individuel signé par le secrétaire de CCPE, les thérapeutes, les parents et l’enseignant. L’enfant y est associé par l’intermédiaire d’un projet individuel établi pour chaque période. Le contrat est revu chaque année afin de vérifier si l’orientation correspond toujours aux besoins de l’enfant.
En 1998, l’école Maria Mater, élabore un projet d’accueil.
Des enfants sont en grande difficulté dans l’école et aucune structure de l’enseignement catholique ne peut les accueillir. Le foyer et l’école qui ont une tradition d’accueil mais aussi les parents d’élèves se mobilisent de même que le corps enseignant. Il ne s’agit pas d’ouvrir une classe spéciale mais d’intégrer une nouvelle classe et cela aura forcément des répercussion sur le fonctionnement général de l’école. Chacun a conscience que pour remplir pleinement son rôle, la structure CLIS ne doit pas être une pièce rapportée mais être elle-même partie intégrante du projet pédagogique de l’école. Depuis 1999, elle est inscrite dans le projet éducatif de l’école dont les spécificités sont l’accueil, la vie ensemble et la formation spirituelle. L’école Maria Mater propose à chaque enfant :
- D'apprendre ;
- De grandir ;
- De vivre ensemble ;
- De s’ouvrir à l’environnement ;
- De découvrir un sens à sa vie.
Une formation sur l’accueil de la différence est mise en place pour l’équipe et des réunions d’information destinées à tous les membres de la communauté éducatives sont organisées.
En septembre 2000, l’école Maria Mater ouvre une CLIS.
Notre école a choisi d’accueillir des enfants avec un retard mental sans gros troubles du comportement. La classe compte actuellement 6 élèves âgés de 8 à 10 ans à plein temps mais ce nombre augmentera à la prochaine rentrée. Les handicaps sont divers (2 enfants autistes, 1 enfant trisomique, 1 enfant dysphasique, 1 enfant dyslexique, 1 enfant avec des troubles de la relation). Les enfants sont visiblement heureux et progressent, les parents se disent satisfaits. De nombreux temps communs existent entre les enfants de la CLIS et leurs camarades des autres classes. La récréation, les repas, le monitorat, les activités définies dans le contrat d’intégration mais aussi les projets de classe sont autant d’occasions qui permettent aux enfants de partager des moments de vie en commun.
Que propose la CLIS de Maria Mater ?
Un projet pédagogique pour le groupe dans un lieu de vie accueillant et chaleureux, propice aux échanges où l’on pratique la pédagogie active.
Un lieu où la parole circule
- la causette du matin permet à chacun de se raconter ;
- la correspondance scolaire permet au groupe de se raconter mais aussi de s’ouvrir aux autres ;
- Le conseil une fois par semaine permet de réguler les conflits, d’aborder les dysfonctionnements pour essayer de les résoudre.
Un lieu où l’on apprend la vie en société
- À travers le tableau des métiers, chacun s’exerce à assumer des responsabilités.
Un lieu où l’on réalise de mini-projets
- Atelier jardinage, lecture volontaire, mini-expositions, expériences, observations, exposés sur des sujets choisis par les enfants...
Un lieu où l’on apprend à s’occuper des animaux :
- Aquarium dans la classe ;
- Activité poney (aussi bien la monte que les soins) dans un centre équestre de la commune.
Un lieu où l’on s’ouvre sur le monde :
- Classe de découverte à l’île Sainte Marguerite en octobre 2001 ;
- Participation avec les élèves du cycle 3 à la réalisation d’un sentier botanique.
Un lieu où l’on se donne des moyens de réaliser des projets
- Ouverture d’un salon de thé ouvert aux parents pour financer la classe de découverte.
Une école où chacun est attentif aux difficultés des autres.
- Une fois par semaine, des élèves de CM2 et pas forcément les meilleurs viennent aider ceux de la CLIS ;
- Des enfants de la CLIS aident les petits à manger et, quand ils se sentiront assez à l’aise, ils iront aider les enfants du CP pour l’apprentissage de la lecture.
Un projet pour chaque élève
Une classe où chacun sait où il en est.
- Les évaluations de début d’année me permettent de cerner les besoins et ainsi de proposer à chacun des activités selon ses possibilités dans 4 domaines : le lire, l’écrire, la numération, la résolution de problèmes. Des groupes de besoins sont ainsi définis. Une petite voiture déplacée sur le chemin des compétences dans les différents domaine permet à chaque élève de visualiser ses progrès au long de l’année.
Une classe où l’élève apprend.
Le projet individuel tient compte de la personnalité, des besoins et des intérêts de chacun car sans la motivation, l’intérêt est de courte durée. Revu toutes les 6 à 8 semaines environ, il fixe des objectifs à court terme.
Une classe où chaque élève est un adulte en devenir.
- L’accent est aussi mis sur l’apprentissage de certains gestes de la vie quotidienne afin que ces enfants puissent être autonomes ;
- Les activités proposées peuvent également permettre de découvrir une future activité professionnelle (travail auprès des poneys, jardinage, pâtisserie, ménage, vaisselle) etc.
Une classe qui offre des passerelles.
Certains enfants de la CLIS sont intégrés en sport, en sciences, en histoire dans d’autres classes. Une fillette de 6 ans en grande difficulté est scolarisée à mi-temps en maternelle et fréquente la CLIS pendant l’autre mi-temps. Un garçon de 10 ans, autiste, fréquente un IMP (Institut Médico-Psychologique) qui a signé une convention avec l’école et vient dans la CLIS pour participer à l’atelier pâtisserie. À la rentrée de février, une fillette fréquentant l’hôpital de jour sera en intégration partielle deux matinées par semaine.
Mais les enfants ne pourront rester dans la CLIS que jusqu’à 12 ans et d’ici 2004, deux enfants auront atteints cette limite d’âge. Ils devront rejoindre une autre structure : l’UPI.
Qu’est ce que les UPI ?
Les Unités Pédagogiques d’Intégration régies par la circulaire de février 2001 se substituant à celle de mai 1995 sont la suite de la CLIS dans les collèges et lycées. Comme la CLIS, " l’UPI est conçue pour offrir la possibilité de parcours personnalisés. " Là encore, ouvrir une telle structure est un engagement de toute la communauté éducative. La circulaire précise " Sa réussite exige une bonne information de l’ensemble des personnels de l’établissement d’accueil, des élèves et de leurs parents. Il s’agit d’aider les différents acteurs à mieux comprendre la situation de handicap, situation évolutive qui n’est pas exclusivement liée à la personne mais aussi à un environnement. L’ouverture de l’UPI doit faire l’objet d’une préparation associant tous les partenaires concernés ".
Une UPI peut accueillir
- Des élèves sortant des CLIS d’école primaire ;
- Des élèves qui, après un séjour dans un établissement médico-éducatif ou une structure de soins, sont, avec l’accord de la CDES, en mesure de poursuivre leur scolarité dans un établissement scolaire ;
- Des élèves ayant pu bénéficier pendant un certain temps d’une intégration individuelle et pour lesquels des modalités plus collectives s’avèrent nécessaires. ".
Comme les CLIS , les UPI offrent aux élèves la possibilité de poursuivre des apprentissages fondamentaux adaptés à leurs possibilités mais aussi de développer les apprentissages culturels, sociaux et favoriser la préparation de l’insertion professionnelle avec éventuellement l’appui d’une ou plusieurs SEGPA.
La mise en place de l’UPI devra s’appuyer sur les besoins identifiés des enfants qui sortiront de la CLIS mais aussi des autres enfants susceptibles de les rejoindre. Une étude sera donc nécessaire afin de bien cerner les besoins.
Au niveau diocésain, la décision d’ouvrir dans le futur une UPI a été prise et un nouveau chantier s’ouvre à l’aube de ce 3e millénaire afin que le travail commencé à l’école Maria Mater puisse se poursuivre et permettre à ces enfants de s’insérer eux aussi dans la société et de s’y épanouir. Même si les différents acteurs de la communauté éducative ont souvent été mis à contribution afin de porter ce projet sur les fonds baptismaux, chacun aujourd’hui se réjouit de l’évolution favorable de ces enfants et des retombées positives que l’ouverture de la CLIS a sur l’ensemble de la vie de l’école. L’entraide, la solidarité, la différenciation pédagogique, l’éducabilité ne sont plus seulement des mots ils reposent sur un vécu quotidien, illustration vivante des valeurs défendues par l’enseignement catholique. Une autre équipe éducative est elle prête à se lancer dans l’aventure et ouvrir l’UPI ? Des parents et des enfants attendent une réponse.
Fait à Roquefort les Pins le 13 février 2002.
Lyliane STREBLER