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MARC MAUMONT MICHELET - Vice Président UDAPEL06 - NADIA VENET (NV) - Présidente APEL établissement Stanislas Cannes - Créatrice du point écoute. Formée à l’écoute dans un cadre professionnel privé. Formation JED de l’UNAPEL à PARIS. JEAN LOUIS CHAMPROMIS (JLC) - correspondant JED udapel06 - Formation JED de l’UNAPEL à PARIS. Initiateur de l’interview. PÉRIODE SCOLAIRE : 2000/2001 Le but de cet entretien est de définir comment créer un point d’écoute et de présenter le fonctionnement de celui de STANISLAS CANNES depuis sa création. JLC : Comment doit se créer un point d’écoute dans une logique de base ? NV : J’ai regardé dans le statut d’A.P.E.L. Le fonctionnement des JED n’est pas uniquement les points d’écoute . On y associe beaucoup de structures et le point d’écoute n’est qu’une petite activité du point JED . Or à Stan c’est l’inverse. Il y a aussi les commissions de disciplines auxquelles j’assiste également. Le directeur de cycle communique aux parents mes coordonnées. De plus en plus, les parents appellent avant le conseil. Il y a aussi cet aspect qui intervient dans la commission JED. Il y a des parents qui prennent contact suite à la venue de l’enfant au point d’écoute. Le point d’écoute est un point essentiel. Le recrutement est très difficile. Nous avons très peu de parents qui se proposent car la responsabilité est importante (surtout morale) et il nous faut être très vigilants dans le choix des personnes. Il faut savoir rester en retrait (de la situation exposée par les enfants). Le but essentiel est que le dialogue dans la famille se restaure. C’est ainsi que je le ressens. A notre niveau nous ne sommes pas des professionnels nous sommes des parents et nous intervenons vraiment en tant que parents. Les enfants qui viennent nous disent souvent : tu es psychologue ? Tu es psychiatre ? Et si la réponse est oui, ils s’en vont ! Donc c’est important cela veut dire que nous sommes vraiment un complément à cette démarche et que nous ne sommes pas là pour remplacer les professionnels. D’abord notre discours n’est pas le même, c’est ce que je disais à un parent d’élève psychologue : " les enfants qui viennent au point d’écoute ne viennent pas pour çà. Pour ceux qui viennent, certains sont déjà suivis par un pédopsychiatre ou par un psychologue, d’autres ne le sont pas mais ont le sentiment de ne pas en avoir besoin, notre démarche est de résoudre des problèmes qui souvent ne sont pas importants, au départ. Et d'en soulever d’autres si le problème existe. JLC : Ce point d’écoute fait-il partie du projet d’établissement qui lui a permis d’exister ? NV : non ! Le projet d’établissement à été mis en place après la mise en place du point d’écoute. JLC: A-t-il été inclus ensuite dans ce projet d’établissement ? ou reste-t-il en dehors ? NV : nous avons travaillé sur l’élaboration du projet d’établissement mais n’avons pas participé véritablement. JLC : Vous n’êtes donc pas présente en tant qu’association A.P.E.L dans le conseil d’établissement ? NV : Non ! JLC :En tant qu’actrice du point écoute est-ce que vous y êtes personnellement présente à ce conseil? NV : Non !, C’est à dire que Stanislas a une histoire lourde. Les parents d’élèves n’ont pas eu bonne presse pendant longtemps. Maintenant la situation, meilleure, permet de nous repositionner, les professeurs commencent à dire que l’on pourrait y assister, la direction de l’établissement est favorable, les directeurs de cycle aussi, beaucoup de représentants de personnels de surveillance sont d’accord, nous avons encore quelques professeurs qui sont en retrait. Plutôt que d’entrer dans le conseil d’établissement, cela a été la position de Monsieur MAILLARD, et je crois qu’il a eu raison, nous avons commencé par entrer dans tous les niveaux du conseil de classe. JLC : C’est le rôle du parent correspondant, c’est autre chose. NV : C’est par-là que nous arriverons au conseil d’établissement, tout est lié. Quand les professeurs auront pris l’habitude de voir des parents qui se comportent comme ils doivent le faire dans les conseils de classes, nous prendrons notre place dans le conseil d’établissement. JLC : Vous vivez là une expérience inverse à certains établissements qui eux ont déjà un conseil d’établissement avec les parents d’élèves intégrés dans ce conseil, les parents correspondants se mettent en place, par contre le point d’écoute n’a rien à voir avec les parents. NV : En fait Stan est parti de la base, d’un rapport humain et de choses concrètes, pour arriver à prouver que l’on peut être ailleurs. JLC : Est-ce que le chef d’établissement vous a coopté pour ce point d ‘écoute parce que vous étiez parent d’élève association A. P. E. L ou simplement parce qu’il connaissait vos capacités humaines à tenir ce rôle. NV : Monsieur CLETTE me connaissait en tant qu’A.P.E.L., j’étais à l’époque dans le C.A. déléguée du primaire mais je pense qu’il s’est adressé à une personne avec ses connaissances et son écoute mais pas à l’association. A l’époque l’A.P.E.L. n’était pas encore bien reconnue dans son fonctionnement. Le directeur a quand même été précurseur sur le point d’écoute, il a accepté cette idée et a quand même joué le jeu. JLC : Avec l’expérience de Stan Cannes que pourrait-on proposer à quelques écoles qui ont le souhait de monter un point d’écoute, par quoi faut-il commencer à votre avis ? NV : Je crois que la première des choses est de savoir comment ces personnes vont intervenir, en ce qui concerne les enfants. Des gens de bonne volonté nous en aurons. La difficulté réside dans le fait de trouver des personnes formées et qui sauront prendre suffisamment de recul. Trop de "compréhension" de "compassion" risquent d’augmenter le trouble de l’enfant au lieu de l’inverse. Il faudra donc être très vigilant dans le choix des personnes qui vont se proposer. Nous pouvons causer des dégâts très importants. Il faut vraiment une formation en béton. C’est ce qui est très important et qui me fait peur. Avant de missionner quelqu’un auprès d’un chef d’établissement avec un projet de point d’écoute, il faut que la personne ait été formée dans les structures que l’UDAPEL s’est encadrée et que nous en soyons sûrs. Cela va nous conduire à ne pas être gentil parfois, il y a des personnes qu’il faudra bloquer. On ne peut pas se montrer conciliant. Nous avons l’équilibre des enfants dans nos mains. JLC : Avez-vous des relations avec des établissements dans lesquels ce sont des personnes salariées qui sont chargées de cette mission ? NV : Oui, dans un établissement de Nice, par exemple, c’est à la conseillère d’éducation que le directeur a confié la tâche de monter un point d’écoute. Celui-ci m’avait demandé de rencontrer cette personne. JLC : Cette personne est donc en train de monter son point d’écoute en y instaurant une structure qu’elle va apporter comme un dossier de statut à la direction ? NV : Mais elle ne peut pas faire autrement elle est salariée de la direction. N’avons-nous pas quelque chose qui nous viendrait de l’UNAPEL ? JLC : Oui mais c’est un peu faible par rapport à son contenu. Il peut rendre possible à toutes personnes de bonne volonté à monter une structure administrative du point d’écoute mais laisse liberté à l’interprétation de beaucoup de points qui restent vaseux et ouvre des portes à l’ambition de quelques organisateurs administratifs plus qu’à la prise de conscience de discrétion et d’humilité pour un écoutant non averti et bénévole. J’ai les documents. Si nous nous réunissons actuellement c’est pour justement établir un projet qui serait adapté à notre département tout en s’entourant de personnalités locales représentant le CLER. Reconnu d’utilité publique cet organisme est compétent pour assurer la formation d’écoutants qui donnerait du crédit à notre mouvement. JLC : En ce qui concerne la pastorale, de nombreux établissements passent par la catéchèse pour assurer l’écoute. Avez-vous des expériences sur ce sujet ? NV : Avec la pastorale sur Stan nous avons pu constater des maladresses partant de bons sentiments envers les essais de médiations liés a l’écoute des enfants. La discrétion n’étant pas assurée par manque de formation et par le manque d’importance ou même la déformation du message de l’enfant qui est dans le besoin d’être entendu. Si l’écoutant n’est pas à la hauteur il peut s’avérer être dangereux. JLC : Pourtant dans de nombreux établissements la pastorale est aussi le service du point d’écoute. Elle est liée avec le conseiller d’éducation qui a aussi le rôle de sanctionner par sa mission professionnelle. Dans de nombreux lieux scolaires lorsque l’on parle de point d’écoute on entend souvent dire que " chez nous il y a quelqu’un qui s’en occupe…. nous avons plusieurs écoutants etc. etc. " ; c’est le flou artistique. Est-ce que notre rôle de parent au sein de notre association UDAPEL ne serait-il pas de monter un réseau de personnes formées, mises à la disposition des chefs d’établissements ? Ne pourrions-nous pas dans ce cas apporter notre soutien aux formules déjà existantes, sinon en créer une ? Organiser des rencontres avec des parents pour aider et informer les familles. Sans que tous sujets finissent uniquement dans les mains d’un psychologue scolaire comme le font la plupart des directeurs ? NV : Oui, mais avec un psychologue professionnel la responsabilité des directeurs est assurée. JLC : L’écoutant coopté ne doit pas être forcément un parent d’élève, il peut être un membre de la communauté éducative ou un élément conseillé par un organisme reconnu comme le CLER. L'expérience de votre établissement où l’on voit aussi les enfants s’écouter entre eux et venir ensuite au point d’écoute, pouvez-vous nous en parler ? NV : : Cela fait aussi partie de la pastorale. Ils apprennent à être à l’écoute de leur camarade, et quand ils le sentent dans l’embarras, ils sont les premiers à se rendre compte du problème et se valorisent pour ce travail. Ils amènent donc ces enfants au point d’écoute après avoir consulté l’écoutant pour bien cerner le réel problème. Cela se passe en toute discrétion comme un accompagnement chez un ami. Cette façon de procéder est venue naturellement, le point d’écoute n’a pas besoin d’autre support d’information comme il y en avait à son début. C’est surtout les classes de 6e et de 5e qui le fréquentent, ensuite les grands collégiens et quelques lycéens qui eux ont des problèmes plus graves. J’ai vraiment le sentiment que le dialogue leur permet d’éviter des évènements plus graves. Nous les aidons à résoudre eux-mêmes leurs problèmes. JLC : : Vous revenez un peu sur la pastorale " attention danger " mais on voit là un moyen lié à la pastorale sans être dangereux. NV : : Cela dépend des personnes liées à la pastorale et au caractère ou même les désirs culturels de chaque établissement. Il faut souligner que le point d’écoute n’est pas la seule mission du JED. |