Société judéo-chrétienne, par ce raccourci, nous pourrions définir ainsi la société de la Côte d’Azur. Sa population a subi un fort brassage au cours des trente dernières années et a été multipliée par trois sur cette période.
Quelques constats sont possibles :
Hélas, les vocations religieuses subissent la même crise. Le Diocèse de Nice voit son nombre de prêtres baisser régulièrement. Cependant le nombre de paroisses demeure constant et la demande toujours forte de la part des pratiquants.
De fait, le monde de l’Enseignement Catholique pâtit lui aussi de cette situation, surtout que la vocation d’accueil va bien au delà d’une école confessionnelle. Des prêtres accompagnateurs qui ne peuvent consacrer que peu de temps aux établissements où l’animation pastorale est aussi une autre des responsabilités du chef d’établissement.
Ce contexte est difficile. Et ces difficultés augmentent par le fait que certains parents ont fait le pari de l’enseignement catholique justement pour le caractère propre et sont désarçonnés par leurs enfants :
Un décalage s’instaure. Que faire ?
Scrutons l’école catholique : " ce n’est pas le fait que la Communauté Éducative soit composée uniquement de catholiques qui fait la catholicité mais une dynamique éducative référée publiquement à l’Évangile. "
Le Projet Éducatif est un des éléments garant du caractère propre qui trouve sa source dans le Pasteur diocésain, l’Evêque, ou dans le message de la Congrégation et avant tout dans l’Évangile. Le lien entre les pasteurs et la communauté éducative est donc bien le Projet Éducatif.
Une impulsion forte du chef d’établissement, comme de l’animateur en pastorale scolaire doit s’appuyer sur un Projet Éducatif fort pour rendre vivant ce lien et pallier l’absence du prêtre.
Alors, si le domaine de la Pastorale est de la responsabilité du Chef d’établissement, cf. le Statut de L’Enseignement Catholique, quelle place pour l’APEL sur ce sujet ?
En détaillant sommairement les trois sacrements de l’initiation chrétienne, nous pouvons trouver une source d’inspiration de l’action de l’APELd’école.
Au vu des différentes missions du Chrétien, l’engagement spirituel de l’APEL doit être réel et ses actions doivent intégrer totalement le message de l’Évangile :
Voilà autant de possibilités pour une APEL d’école de participer à l’animation de l’école afin de :
Cela suppose pour ses membres des choix de vie en adéquation avec les exigences de l’Évangile ou tout au moins la volonté de les rejoindre.
Mais faut-il agir seulement au profit des enfants ?
l’APEL doit également relever le challenge de l’interpellation directe des parents, qui, quelle que soit leur motivation dans le choix d’une scolarité dans un établissement d’enseignement catholique, restent les premiers éducateurs.
Si la recherche des parents est simplement celles de valeurs sociétales " protégées ", importantes certes, la réponse doit explicitement relayer la dimension évangélique.
Sinon quelle compréhension possible de la démarche spirituelle d’un jeune par ses parents ?
Il faut aussi accompagner les parents dans cette démarche et leur proposer également une démarche de conversion personnelle.
Ainsi les fondements de la famille, du Sacrement de Mariage
peuvent-ils témoigner simplement du sens des valeurs auxquelles chacun d’entre nous aspire, pour soi-même et pour ses enfants, au travers du processus éducatif, même si cela peut paraître difficile à réaliser au jour le jour.
À nous membres d’APEL, premiers éducateurs avec ou sans responsabilités, de veiller à fournir, au travers de chaque maillon de la Communauté éducative, au travers de nos actions, de nos faits et gestes, à chaque enfant les briques élémentaires, connaissance, savoir faire, savoir être qui lui permettront peu à peu de construire ses propres valeurs à la lumière de l’Évangile. A nous également d’inviter chaque premier éducateur à mettre en pratique ces briques.
Et ces briques élémentaires ne sont elles pas en résonance avec les valeurs de l’Enseignement Catholique, Savoir + Culture + Foi ?...
Repères
La famille reste un point de convergence où se rejoignent les préoccupations et les efforts des parents, des enfants, de la société dont l’école, et de l’Église.
La famille est trop isolée. Toute transmission a besoin de relais, d’étayages sociaux, culturels et communautaires. Il est très difficile de transmettre les valeurs dans ses quatre murs vis à vis du face à face entre les générations sans la médiation d’autres adultes, d’autres jeunes au sein d’un groupe plus large où à la fois se livrent des réalités différentes et se partagent des valeurs communes.
Entre le privé, cocon familial, traversé par les ondes, les médias, la presse, les modèles, les images, les normes d’origine collective et le public manquent les espaces intermédiaires, les lieux tiers, les communautés relais entre familles et vaste monde, un monde éclaté, lui même peu propice à la transmission.
Les parents sont des accompagnateurs qui aident à montrer aux enfants les réalités de l’existence en sachant qu’ils doivent être informés des aléas de la vie.
Avant toute chose, les parents doivent veiller à la parfaite intégration de l’enfant dans la cellule familiale. Ils assureront son éveil à la foi, moyen de sensibilisation et de discernement aux valeurs fondamentales.
Ils complèteront et contrôleront les trois orientations principales du Projet Éducatif :
Le cadre ainsi défini permettra de mieux accompagner l’individuation et d’éviter une dérive négative vers l’individualisme.
Aujourd’hui, dans un contexte médias-publicité, " gagner, acheter, consommer " apparaît comme une valeur de la famille. L’accent est mis sur l’Avoir plutôt que l’Être. Se pose alors la question " comment ne pas vouloir toujours plus mais savoir maîtriser ses désirs et ses tentations ? "
" L’utilitarisme est une civilisation de la production et de la jouissance, une civilisation des choses et non des personnes, une civilisation dans laquelle les personnes sont utilisées comme on utilise des choses. " (Jean Paul II)
Se dégage alors le concept de liberté indépendant du matériel éminemment propre à l’accomplissement de l’homme.
La communication parents-enfants sera facilitée si les premiers gardent toujours à l’esprit cette maxime de Saint Augustin :
" le passé dont tu crois que c’était le bon temps n’est bon que parce que ce n’était pas le tien. "
La famille n’est pas un cadre rigide. C’est une cellule sociale vivante, capable d’une grande souplesse très adaptable, très résistante. Les états de crise successifs doivent être dépassés comme l’adolescent doit sortir de sa crise de puberté.
L’état de crise (grec, crisis = critique) conduit par le développement de l’esprit critique à poser des questions fondamentales, à être plus conscients, à s’interroger sur l’essentiel et l’accessoire dans de nombreux cas à chercher l’authenticité.
Forte de l’expérience des parents mais aussi des qualités, des talents, des attentes des enfants, la famille se transforme (trans = au delà de, formare = former). Chacun y a sa place. Chacun y est valorisé dans un cadre plus vaste qui intègre les partenaires éducatifs respectés mais aussi aimés.
Apparaît le concept " d’amour exigeant " fondé sur le don de la personne.
" C’est là que réside sa beauté, dans le fait d’être exigeant, car ainsi il édifie le vrai bien de l’Homme et le fait rayonner sur les autres. L’amour est vrai quand il crée le bien des personnes et des communautés, quand il le crée et le donne aux autres " (Jean Paul II)
Dans ce contexte, il est capital d’évoquer les difficultés des familles et leurs incidences directes dans le domaine éducatif. Il devient urgent de définir un " espace éducatif " tourné vers la protection de l’enfant et de la famille.
Le rôle des enseignants consiste à transmettre des savoirs, à apprendre à apprendre et à créer puis maintenir le désir d’apprendre chez les élèves. Tel un entraîneur, il doit leur donner l’envie permanente de se dépasser.
Mais les conditions de leur réussite sont étroitement liées à l’obligatoire contribution des parents pour les aider à maintenir quelques exigences fondamentales :
La perméabilité de la structure familiale envers le flot d’informations pédagogiques venues de l’extérieur, supports écrits, audiovisuels, multimédias... met en relief la nécessité de développer les structures internes à l’établissement en matière d’information des élèves (en particulier les CDI) et des parents (BDI) seules capables de proposer un tri favorable à l’enfant.
Le rôle de l’équipe du BDI et des parents correspondants de classes prend de plus en plus d’importance :
L’expérience de " projet personnel de l’élève " en complément d’un projet personnel de l’enfant est menée par certains établissements dans le cadre de leur projet éducatif. La prise en compte de l’évolution de l’élève de la mi-collège à la fin du lycée avec comme finalité non pas seulement la réussite à un examen mais l’aboutissement du projet, incluant tous les éventuels accidents de parcours, en parfaite collaboration avec les parents induit un partage de responsabilité qui valorise l’action de chaque intervenant tout en évitant une décharge systématique sur le corps enseignant en cas de problème.
Si l’on ne peut que la saluer, on doit également en concevoir les limites pour les grosses structures devant la quantité de travail incombant au chef d’établissement et au professeur principal. Une réflexion chefs d’établissements, enseignants, parents devrait être menée pour aboutir à un rééquilibre des responsabilités de chacun avec à la clé l’action d’un tiers partenaire dûment formé et mandaté.
Enfin et avec comme support les expériences menées par des structures JED dèls le primaire, on sait qu’il possible d’envisager sans dommage pour l’ensemble acteurs du domaine pédagogique des remises en question dans le cadre des relations parents-enfants, enseignants-élèves, sous contrôles d’intervenants spécialisés pour le plus grand bénéfice de tous.
L’ouverture vers l’extérieur de l’établissement reste une obligation si l’on veut prendre en compte tous les paramètres d’évolution d’une population scolaire. Création ou développement de réseaux, intégration des données économiques et professionnelles locales mais aussi régionales, mise en en place de classes d’immersion en entreprise dès le collège sont autant de conditions de plus en plus évidentes au succès des élèves et à la bonne quantification de leur projet personnel. Le concours de l’équipe enseignante et sa rencontre avec le monde de l’entreprise permet d’atténuer voire de gommer l’image du divorce système éducatif - réalités professionnelles.
Préalable
Avant de présenter nos propositions, il nous a paru indispensable d’inventorier tous les grands problèmes que connaît actuellement l’Enseignement Catholique et de préciser la place de chaque acteur membre de la structure APEL.
L’Académie Nice-Corse est au centre d’un vaste carrefour migratoire dont l’expansion démographique est continue. La relative stabilité des effectifs dans l’Enseignement Catholique ne doit pas masquer les vraies réalités. Beaucoup d’établissements sont à saturation. Les classes ouvertes sont immédiatement remplies. L’intégration des effectifs à la rentrée 1998 coïncide avec un creux démographique. Les CODIEC du Var et des AM travaillent sur des projets de développement raisonnables mais qui deviennent utopiques face aux difficultés rencontrées pour l’attribution de postes d’enseignants ou de personnel spécialisé et au refus du Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique de prendre en compte cette réalité nouvelle.
Un inventaire détaillé pour mieux comprendre...
Des réponses à la mesure de l’APEL
Face à la complexité des problèmes abordés s’exprime ici parfaitement la structure du pôle APEL. Chaque niveau y trouve sa place avec une responsabilité bien claire.
À tout seigneur, tout honneur, le président d’APEL d’établissement doit être capable de connaître la réalité socio-économique de son école. Pour cela s’impose une bonne connaissance du terrain. Qui sont les parents d’élèves ? Deuxième impératif et de taille, il doit être impliqué pleinement dans sa mission de représentation avec en premier lieu et comme le prévoient les statuts de la FNOGEC une présence aux réunions de l’OGEC locale.
Quelles actions possibles ?
Les sujets pouvant être abordés sont les suivants :
Généralement, toutes ces questions sont connues de l’UDAPEL, qui supplée souvent les apel de base, et souvent abordées en CODIEC. Une bonne coordination apel-udapel permet souvent de réagir plus vite et d’obtenir une pression plus efficace sur les acteurs concernés. De plus, associée à l’Urapel, l’Udapel a des éléments de comparaisons nationaux qui lui permettent d’apporter des pistes de réflexion mais aussi de participer à la mise à jour des problèmes recensés sur tout le territoire.
Exemple concret : à l’heure où le Conseil d’Etat a validé les aides accordées aux établissements sous-contrat par la région Ile de France, déclenchant au passage un tollé au niveau du comité national d’action laïque, CNAL, les deux UDAPEL de l’Académie de Nice et l’URAPEL, les autres instances de l’Enseignement Catholique suivent de très près l’attitude des élus du conseil régional PACA après le changement de majorité qui s’est produit. Dans ce cadre précis une double sensibilisation est envisagée, d’une part envers les présidents d’APEL pour leur expliquer la position de l’UNAPEL dans le premier cas et envers tous les élus du Conseil Régional dans le deuxième cas.
L’importance de l’URAPEL est mise en évidence puisqu’elle devra veiller à sa bonne intégration dans les structures régionales, notamment les Conseils économiques et sociaux régionaux. Le problème de l’attribution de postes d’enseignants dans l’Enseignement catholique au niveau académique est également un sujet capital (cf. pétition l’an dernier, démarche identique en cours dans l’académie de Versailles).
Enfin, l’UNAPEL négociera sur le plan national tous les grands problèmes sous-entendant une connotation politique et économique propres à l’ensembles des acteurs en liaison avec les autres partenaires et notamment le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique.
Prise en compte d’aspects internes propres à l’Enseignement Catholique
Les propositions à étudier...