Toutes les questions traitées dans le cadre de la délégation nationale de Tours font référence à la Communauté Éducative. Pour bien comprendre et appréhender chaque thème, il est important de rappeler sa définition, telle qu’elle nous est donnée dans le Statut de l’Enseignement Catholique.
" Chaque établissement catholique d’enseignement constitue une communauté éducative placée sous la responsabilité du chef d’établissement et formée des élèves, des parents, des personnels d’enseignement, d’éducation, d’administration et de service, des prêtres et des autres personnels qui participent à l’animation pastorale, des gestionnaires, des anciens élèves et dans la mesure du possible des propriétaires. "
Cette Communauté éducative est enviée pour son existence et son ampleur. À l’heure où d’autres cherchent encore comment la mettre sur pied, nous nous devons de la faire progresser, non pas en la " révolutionnant " mais simplement en accentuant nos efforts, nos recherches sur des aspects mis en évidence il y a déjà fort longtemps. La conclusion nous permettra d’en dégager un nouveau thème d’étude et de réflexion qui intéresse tout particulièrement les parents, peut être le sujet d’une future Délégation Nationale ?
Pour cadrer le sujet, reprenons les articles 17 et 19 de la charte des APEL sur le Projet Personnel de l’Enfant.
Article 17
L’UNAPEL demande aux communautés éducatives d’éduquer l’enfant en lui transmettant un savoir, en le formant à l’apprentissage de la liberté, de la responsabilité et de la vie en société, en lui proposant la foi chrétienne et en lui apprenant à la vivre.
Article 19
L’UNAPEL demande de veiller à ce que les équipes éducatives soient à l’écoute de chaque élève et l’aident à définir et mettre en œuvre son projet personnel.
Par essence, le projet personnel de l’enfant repose sur la personnalité de l’enfant. Qui est il vraiment ? Pour l’aider à se connaître et à se reconnaître, forger son propre projet, la communauté éducative doit obligatoirement mettre à sa disposition un certain nombre d’outils.
Les parents doivent veiller à sa parfaite intégration dans la cellule familiale, dès sa conception. Ils lui apprendront à vivre sous le regard des autres, développeront l’écoute dès l’aube de sa vie, à travers ses pleurs, premier moyen de reconnaissance, la parole, premier véritable moyen social de communication. Ils assureront son éveil à la foi, premier moyen de sensibilisation et de discernement des valeurs fondamentales du Bien et du Mal.
Plus tard l’enfant va se trouver au centre d’un " giratoire " dont les différentes voies qui convergent vers lui constituent autant de repères, d’aides dans son cheminement.
La principale sera bien entendu le projet éducatif, fruit du travail collectif de toute la communauté éducative. Il sera heureusement complété par un projet personnel de l’élève, véritable traduction individualisée du projet éducatif où tous les paramètres pédagogiques seront intégrés sous la responsabilité maximale des enseignants, notamment du professeur principal et du chef d’établissement.
La teneur du projet pastoral, normalement intégré au projet éducatif, donnera toute sa dimension spirituelle à la démarche de l’enfant. Tous ces éléments mis bout à bout lui permettront de découvrir et assumer son intériorité.
L’harmonie et l’équilibre atteints entre le cœur, le corps et l’esprit sont la clé de l’intégration des jeunes dans la vie sociale.
Nous nous pencherons dans la conclusion sur un aspect essentiel de l’élaboration d’un projet personnel à travers le rôle et la responsabilité des parents dans la consistance de la cellule familiale.
Pour qu’ils sachent quelle école ils choisissent, le projet éducatif est présenté :
Pour mieux le partager, le projet éducatif doit être le fruit d’une réflexion commune à tous les acteurs de la communauté éducative. En ce qui concerne les parents, si ceux ci y sont associés ou veulent l’être, ils ont en contrepartie l’obligation de se former pour y apporter une contribution originale, particulièrement quand le projet est très ancien (cas des établissements sous tutelle congréganiste, par exemple) ou quand il n’a jamais été mis par écrit.
Trois orientations principales sont souhaitables :
Tous les acteurs doivent être partie prenante dans la conception du projet éducatif, y compris le personnel non-enseignant et bien sûr l’équipe pastorale. Si dialogue et échange sont nécessaires, ils supposent évidemment une reconnaissance à part entière de tous les membres de la Communauté Éducative avec pour chacun l’obligation d’assumer cette responsabilité.
Si le projet éducatif apparaît comme le fruit d’une réflexion collective, il doit en revanche, pouvoir s’appliquer individuellement à chaque élève dans le respect de son cheminement propre. On signalera la démarche originale suivie avec bonheur dans certains établissements où la somme des projets personnels des élèves a contribué à l’élaboration d’un projet éducatif fort fruit d’observations issues des principaux acteurs : les élèves.
Le projet éducatif doit contribuer à la réalisation du projet personnel de l’enfant. Il en est quelque sorte le bras armé. Progresser et aimer apprendre en sont des atouts capitaux. L’éthique, la notion de " valeurs ", les références évangéliques en constituent l’indispensable charpente morale. Un maitre-mot du projet éducatif est bien la pédagogie. Mais celle-ci s’insère dans un projet d’établissement fixant les objectifs concrets à atteindre et offrant les moyens requis pour présenter la foi catholique et animer la Communauté Chrétienne. N’oublions pas qu’une pastorale pauvre induit un projet éducatif faible. Les exigences doivent être adaptées à l’âge et à la situation des élèves. L’accompagnement de proximité doit permettre l’éducation à la responsabilité et maintenir jusqu’à la fin de la scolarité une exigence d’assiduité, de ponctualité et de travail régulier. L’élève pourra trouver dans un tel cadre un juste équilibre entre travail, santé et vie sociale.
Enfin la mise en œuvre du projet éducatif exige une remise en question permanente des personnes qui composent la communauté éducative.
L’article 6, précédemment cité, trouve ici tout son sens. Si les étapes de la conception et de la mise en œuvre sont correctement assurées, le projet éducatif sera d’autant plus fort puisque connu de tous. Son évolution, son adaptation en seront plus simples, sa pérennité consolidée. Dès leur première journée de classe, les élèves, les parents, tous les participants doivent sentir qu’ils deviennent " acteurs " d’un projet dont les pistes simples, acquisition, d’un maximum de connaissances, ouverture aux autres, apprentissage de la vie sociale (citoyenneté, respect d’autrui, solidarité), éducation à l’orientation, transmission des valeurs chrétiennes (vivre l’Évangile) et développement de l’autonomie, de la responsabilité ne relèvent pas d’une nébuleuse intellectuelle mais bien d’une volonté de servir l’enfant.
Reprenons des extraits de la Sagesse selon Descartes:
" ...par sagesse, on n’entend pas seulement la prudence dans les affaires mais une parfaite connaissance de toutes les choses que l’homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts; et afin que cette connaissance soit telle, il est nécessaire qu’elle soit déduite des premières causes...Il n’y a véritablement que Dieu qui soit parfaitement sage, c’est à dire qui ait l’entière connaissance de la vérité des choses, mais on peut dire que les hommes ont plus ou moins de sagesse à raison de ce qu’ils ont plus ou moins de connaissance des vérités plus importantes... "
On notera pour conclure la fin de cette très belle prière qui pourrait fort bien introduire tout projet éducatif :
" ...vous êtes seul mon Dieu à donner ce qu’on ne peut obtenir que de soi... "
Trois points sont importants :
Deux concepts illustrent son originalité :
Tolérance et Liberté Religieuse
L’humanisme recèle bien des réponses à cette question. À travers l’indispensable respect de l’autre qui va de la simple politesse à l’amour, la courtoisie, le civisme, le travail en commun dans la bienveillance, un climat propice à l’échange se noue. La relation devient profonde, elle efface la peur de l’autre, la peur de s’exprimer, la peur de sa réponse. Il faut partager en entretenant et développant la culture relationnelle, ce qui implique un effort permanent d’accueil et de service. Il faut échanger pour éviter à chacun la tentation du repli sur soi, illustration d’attitudes défensives, de fuite devant les réalités, de refus d’aider ceux qui sont le plus marqués par les fractures sociales.
Il faut toujours avoir à l’esprit que c’est la suprême excellence que d’aider l’homme à s’élever verts les propres sommets de sa condition.
Référence 1 : lecture des Prophéties d’Isaïe
Référence 2 : article 9 charte des APEL
L’UNAPEL demande aux parents de jouer totalement leur rôle de premiers éducateurs de leurs enfants, d’être attentifs, curieux et vigilants :
L’acquisition de repères pour les enfants est un devoir des parents. Non seulement, ils serviront de référence mais aussi ,de points d’appui. Les parents doivent considérer l’école de leurs enfants comme un lieu d’engagement et non de consommation en participant à la vie de l’APEL, en s’impliquant dans la vie de la Communauté éducative. Ils sont les premiers éducateurs de leurs enfants en terme chronologique au sens de leur responsabilité propre. Celle-ci doit être vécue dans le sens d’une éducation à la liberté, à la responsabilité, à l’engagement, à l’acceptation des autres, à la construction des communautés humaines et de la société. Notre référence évangélique nous conduit " à jeter un autre regard sur nos enfants ". Dieu nous en a confié l’éducation en toute confiance. Nos enfants ne nous appartiennent pas au sens commun de propriété. Cette dimension spirituelle induit également une attitude psychologique indispensable à la reconnaissance mutuelle, au partage, au respect de l’autre.
De fait, les parents doivent refuser la passivité, ne pas démissionner, ne pas s’en remettre complètement aux enseignants et ne pas les considérer comme étant à leur service.
Les élèves doivent évoluer dans un sentiment de confiance et d’espérance pour que chacun puisse bâtir son projet spécifique et découvrir sa vocation.
Pour cela, l’aide des parents, de l’école, du monde professionnel et économique parait indispensable. Les élèves doivent toujours se sentir " aspirés " vers le haut par un appel toujours plus fort que le vécu présent. Chaque jeune est sensible à ce qui l’incite à se dépasser.
Trois étapes marqueront son évolution, illustrées par les trois verbes :
Son intériorité découverte, mise à nu et assumée lui révèlera son centre de gravité, son point d’équilibre, sa juste place dans le monde. Gardons toujours cela en mémoire :
Il représente une sorte de " phare d’Alexandrie ". Il préside le Conseil d’établissement où peut être élaboré voire mis à jour le projet éducatif dont il surveille la bonne exécution et dont il assure la communication. Il définit le projet d’établissement et peut décider la mise en place d’un projet personnel de l’élève.
Il doit privilégier la communion des différents membres de la Communauté éducative avec un seul objectif : servir l’enfant.
Dialogue, diagnostic, synthèse et remédiation sont les symboles de son action.
Leur rôle premier consiste d’abord à créer puis consolider le désir d’apprendre. L’enseignant est un entraîneur qui doit connaître ses élèves pour les amener à se dépasser chacun à leur niveau. Par la qualité du dialogue qu’il entretient avec eux, il suscite une vocation qui leur permettra de transcender ce qui peut être vécu comme une contrainte, notamment la nécessaire discipline.
Leurs places et leurs fonctions les désignent pour être des interlocuteurs privilégiés des élèves. Ils ne sont plus en effet tout à fait dans le " système ". Ils peuvent constituer un recours en cas de problème, quel que soit son origine. Leur action est prépondérante en maternelle et primaire.
Placée sous la responsabilité du chef d’établissement, son rôle est capital puisque nous avons déjà observé qu’une pastorale pauvre induit un projet éducatif faible. Il ne se limite pas à la transmission d’une culture religieuse.
Elle doit aussi aider à répondre à la question que se posent tous les jeunes aujourd’hui, quel sens donner à ma vie ?
En son sein peuvent se croiser tous les membres de la communauté éducative. C’est elle qui va donner l’image de la communauté chrétienne visible et agissante dans l’établissement. Par le biais du projet pastoral, elle apporte une grande part de l’inspiration chrétienne du projet éducatif.
L’image très discrète que donnent de leur action les membres des OGIS, OGEC, AEP...est la première traduction pratique du monde professionnel chrétien malgré son caractère bénévole. De plus, en fonction des ressources disponibles et de leur compétence, ils contribuent à l’ouverture de l’Enseignement Catholique aux plus défavorisés, au maintien des familles victimes des aléas de la conjoncture actuelle.
Les anciens élèves doivent perpétuer les notions d’entraide et de solidarité. Ils peuvent, par le biais de réseaux, faciliter le contact des jeunes avec le monde professionnel. Enfin, ils représentent une mémoire vivante de l’établissement. La vitalité de leur action constitue un atout supplémentaire et gratuit pour tous les élèves.
Encore plus mal connus que les gestionnaires, ils ont un rôle d’accès tout aussi important. La situation économique doit les inciter à limiter le poids des charges qui pèsent sur les établissements pour que l’Enseignement Catholique puisse répondre à son exigence première : " l’éducation est une obligation de l’Église dans la manifestation de la foi ".
À l’image des CODIEC, le conseil d’établissement doit être une instance constructive de dialogue, d’échange et de progrès. À travers le projet éducatif, sont exprimés les accents propres à l’établissement. Chaque participant, en particulier les parents, doit être formé pour y siéger. L’objectif n’est pas de faire prévaloir un avis mais d’arriver à concilier tous les points de vue pour en tirer les vecteurs positifs propres à; des avancées. Convergence avant tout, refus des polémiques stériles, le conseil d’établissement est tout sauf un lieu où s’expriment des ambitions personnelles ou de groupe. La personnalité du chef d’établissement, ses capacités, son éthique se retrouvent souvent dans l’image perçue du conseil d’établissement.
Les APEL ont la vocation de représenter l’ensemble des parents d’élèves de l’Enseignement Catholique. Elles doivent être reconnues par les autres partenaires de la communauté éducative. Cette reconnaissance passe par leur intégration dans toutes les instances de fonctionnement d’un établissement :
Les voies sont déjà tracées. Chacun doit les suivre : respect de l’identité de chacun, reconnaissance de tous ses membres, dialogue, en sont les points marquants.
Pour répondre à la demande actuelle des jeunes, il faut accorder une place prépondérante au spirituel.
Quel est mon devenir dans un monde où tout va trop vite ?
Ce n’est pas le fait que la communauté éducative soit composée uniquement de catholiques qui fait la catholicité mais une dynamique éducative référée publiquement à l’Evangile. Cette vérité doit s’appliquer à tous, en particulier aux enseignants, aux parents, au personnel d’administration et de service.
Les établissements catholiques d’enseignement et toutes leurs composantes doivent s’ouvrir. Le développement des réseaux d’établissement dans un même Diocèse ou une région pour élargir l’éventail des choix d’orientation, l’ouverture de classes spécialisées pour enfants handicapés... constituent des objectifs de base.
Les APEL y ont toute leur place. " FORMATION "est la clé du poids de celles-ci.
La formation reste une obligation morale pour tous les membres des APEL.
Chaque APEL devrait faire sien l’article 79 du Statut de l’Enseignement Catholique :
On le voit, si les APEL veulent être reconnues elles doivent respecter leurs obligations morales. À ce prix seulement, elles seront de véritables partenaires au service des enfants.
La responsabilité des autres partenaires de la Communauté éducative est aussi essentielle. Face à des parents qui font l’effort de se former, il n’y a aucune excuse à ne pas leur reconnaître la place qu’ils méritent, sinon le terme communauté n’existe plus. Il faut améliorer, voire créer les conditions du dialogue APEL-Enseignants, APEL-gestionnaires.
Les enfants, les élèves ont aussi un rôle actif à jouer :
On le voit, il n’y a rien à inventer, il faut simplement vouloir mettre en œuvre chacun à son niveau. Parce que l’avenir d’un enfant, son évolution notamment lors de la période critique de l’adolescence, se décide dès la maternelle, la communauté éducative doit se donner les moyens d’apporter une surveillance continue de ses élèves. Bien sûr les parents restent au centre du sujet. Que proposons-nous à nos enfants ? Beaucoup de couples connaissent l’échec, les relations parentales sont complexes : frustrations, conflits, instabilité avec les jeunes, pertes de confiance, peur de s’engager avec pour conséquences des comportements asociaux, de l’indisponibilité scolaire.
Beaucoup de projets s’entremêlent dans le parcours de notre enfant.
Quel est notre projet familial ?
Sur quelles bases le définir compte tenu de la diversité existante ?
Peut être le sujet d’une future D.N... ?
En référence, nous citerons la Lettre de St Paul Apôtre aux Romains :
" ...Frères, suivant la grâce qui nous a été faite, nous avons tous des aptitudes différentes.
Pour celui qui parle sous l’inspiration de Dieu, il s’agit de rester dans la ligne de la foi.
Pour celui qui sert la communauté, la grâce est de servir.
Pour celui qui enseigne, c’est l’enseignement.
Pour qui donne des conseils, c’est le don d’encourager.
Pour celui qui distribue les aumônes, c’est la simplicité.
Pour le chef de la communauté, c’est l’attention vigilante.
Pour celui qui se penche sur la misère, c’est son sourire.
La charité ne joue pas la comédie. Ayez horreur du mal et la passion du bien.
Aimez-vous affectueusement comme des frères.
Ayez les uns pour les autres des prévenances pleines de respect.
Dévouez-vous sans relâche avec un cœur ardent :
c’est le Seigneur que vous servez !
Dans l’espérance, soyez joyeux, patients dans l’épreuve, et, en tous temps, fidèles à la prière.
Prenez votre part des besoins des chrétiens; pratiquez l’hospitalité avec empressement.
Bénissez ceux qui vous font du mal, bénissez sans jamais maudire.
Soyez joyeux avec ceux qui sont dans la joie, pleurez avec ceux qui pleurent.
Vivez en communauté de sentiments, non pour entretenir des désirs de grandeur, mais pour partager la même humilité... "
L’éducation est comprise dans l’œuvre de tous. Chacun participe à une œuvre commune et cohérente, la formation des élèves en référence à un sens chrétien de l’homme et de la société. L’établissement catholique est un lieu où se rassemblent des baptisés.